Le programme stratégique Simandou 2040 marque un tournant majeur pour la Guinée. Au-delà de l’extraction minière, le gouvernement déploie le troisième pilier de son ambitieux plan national, plaçant le désenclavement et la modernisation des transports au cœur de sa feuille de route socio-économique.
À Conakry, la transformation de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré constitue l’une des vitrines les plus visibles de cette dynamique. Les travaux d’aménagement du nouveau terminal de 32 000 mètres carrés doivent porter la capacité d’accueil de la plate-forme de 500 000 à près de trois millions de passagers par an, tout en dotant la capitale d’équipements aux normes internationales, notamment une nouvelle tour de contrôle et un terminal cargo étendu.
En parallèle, les autorités s’attaquent à la congestion urbaine qui paralyse quotidiennement la presqu’île de Kaloum. Le plan d’action prévoit la mise en circulation immédiate de 50 autobus destinés à renforcer le réseau public de la SOGATRA, complétée par l’introduction progressive de 300 véhicules sous forme de taxis modernisés et de services VTC. L’aménagement de huit nouvelles gares routières doit également permettre de réorganiser les flux de transports interurbains.
Sur le plan ferroviaire et maritime, l’État entend valoriser le corridor logistique créé par le projet Simandou. L’ambition réside dans l’interconnexion des réseaux, avec des liaisons étudiées entre Kaloum, Kouria et le port de Moribaya, tout comme le désenclavement de l’intérieur du pays via l’axe Kankan-Kérouané. Pour fluidifier le commerce maritime, le port sec de Kagbélen entre dans sa phase opérationnelle pour délester le port autonome de Conakry, en synergie avec les futurs complexes industrialo-portuaires de Dobali et de Benty.
Le succès de ce vaste plan d’aménagement du territoire dépendra désormais de la régularité des financements et de la tenue des calendriers d’exécution sur le terrain.